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IDEES & SOCIETE

Invite à un bal d’empathie

Invite à un bal d’empathie

« La Santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

Constitution de l’Organisation mondiale de l’OMS

Une négligence de la société

Le rapport de la santé mentale du Sénégal de l’année 2019 indique que le pays comptait 36018 experts pour un nombre de consultations qui passait le cap des 85.000.

Encore plus récemment, le Professeur Assane Diakhaté, directeur de l’UFR des Sciences de l’Éducation, de la Formation et du Sport (SEFS) à l’Université Gaston Berger (UGB) révèle qu’il existe que 35 psychiatres pour 18 millions de citoyens sénégalais. Cela doit être une alerte pour tous.

Les chiffres ne mentent pas, on se rend compte que ce phénomène est négligé à travers le pays, voire même un sujet tabou. Le déficit d’investissement au niveau national en dit long, quitte à en arguer que l’indifférence à la santé mentale des individus n’est qu’une manière parmi tant d’autres de justifier le dos tourné à l’humanité.

Une effroyable distanciation entre soi et l’autre

Plusieurs tables rondes et conférences ont été organisées par d’éminents philosophes et penseurs contemporains sur les thématiques du vivre ensemble, la cohésion sociale, la solidarité humaine, mais cela ne semble pas suffire. L’ indifférence à la race humaine s’accentue de nos jours. L’homme a aujourd’hui plus que jamais fermé l’œil sur son prochain. Les nobles travaux de Don Miguel RUIZ dans son célèbre ouvrage « Les Quatre accords toltèques » en sont une parfaite illustration avec sa métaphore de l’écran de fumée pour expliquer tout simplement que nous sommes dangereusement en train de perdre notre capacité à voir l’autre car chacun évolue dans son monde intérieur.

Nous sommes confrontés à un monde de plus en plus individualiste. L’on ne se soucie plus du mal qui touche les habitants de la terre. Est-ce un renoncement à l’humanité ? Sommes-nous devenus des inaptes à être humains ? Des personnes indignes d’être comptées parmi les humains ? Comptons-nous parmi ceux qui ont besoin d’être humanisés ? A ce stade, le oui s’impose.

Des personnes se sentent de plus en plus obligées de vivre en reclus et affronter leur souffrance interne, que d’aller vers les autres de peur de voir leur mal augmenter. Entre la pression sociale, la diffamation, le manque de considération et les erreurs de jugements, se claquemurer et subir dans le silence devient malheureusement la solution pour certains.

La pression sociale, un venin mortel

Au sein de notre société se trouve un venin dangereux, celui lié à la détresse psychologique suite aux nombreuses attentes sociales exigées. Se marier, fonder une famille, la réussite scolaire, les prises en charge familiale, tout cela constitue le poison affreux qui submerge beaucoup de personnes.

Une étude de l’Organisation mondiale de la santé révèle qu’environ 34% des étudiants africains souffrent de stress lié aux études. Egalement, les jeunes femmes se font pointer du doigt dans les maisons à cause de leur état de célibat, un sujet délicat dans la société sénégalaise. L’ère dans laquelle nous vivons correspond à une période de reconsidérations de moult croyances culturelles et sociales. Prenons en une :  » taaru Jigeen, sey laa « . On ne disconvient pas du fait que la valeur de la femme est jugée de par sa situation matrimoniale. Ce regard de la société est souvent la cause de réactions alarmantes qui s’en suivent.

A bas les magiciens noirs, vive les mages blancs

Le rapport entre magie noire et magie blanche fait allusion à la distinction que nous fait Don Miguel Ruiz sur les paroles que nous propageons. Est un magicien noir celui qui a la propension à lancer des critiques violentes envers quelqu’un. Tandis que le magicien blanc veille toujours à avoir une parole impeccable, synonyme de bienveillance, socle adéquat pour une humanité pure et démuselée.

Souvent, notre capacité à affronter la vie dépend en majorité de l’environnement dans lequel nous évoluons. Pour certains, alors que les personnes proches sont sensées revitaliser leur énergie, ils se voient plutôt poignarder en plein cœur avec des paroles aiguisées comme une lame. Certaines paroles ne s’estompent jamais et agissent comme un venin mortel dans le cerveau de la personne atteinte.

Des événements tragiques récents comme le suicide de l’étudiant Pape Matar DIAGNE et la sortie de Fatel SOW qui aborde l’horreur que vivent les femmes stériles sur les plateformes digitales sont une mise en garde contre les jugements négatifs. Une forme de guerre des mots qui ont la capacité de faire des ravages aussi vite que des missiles hypersoniques, tout comme ils peuvent agir lentement jusqu’à atteindre le point de non retour.

Dans un monde de plus en plus fermenté, pris en otage par les praticiens de magie noire, il demeure impératif de développer plus d’empathie. Ressentir l’humain, partager ses émotions, compatir avec sa douleur, alléger sa souffrance, établir un dialogue positif doivent être les nouveaux paramètres de nos relations humaines.

5 Comments

  • Beau texte

  • Je suis d’avis avec le concept beaucoup de gens sortent vont au travail à l’école mais ils sont pas bien mentalement !

  • Une lecture poignante et nécessaire. Ce texte met en lumière avec force les dérives silencieuses de notre société : l’indifférence, la pression sociale, la violence des mots. Il rappelle avec justesse que la santé ne se résume pas à l’absence de maladie, mais à un bien-être global que nous avons trop tendance à négliger. Merci pour cette prise de conscience profonde : il est temps de ré-humaniser nos regards, nos gestes, nos paroles.

  • Une réflexion puissante. À l’heure où l’indifférence devient la norme, ton appel à l’empathie résonne comme une urgence vitale. Il est temps de réapprendre à voir l’autre, à l’écouter, à le respecter dans sa vulnérabilité.

  • Ma chaa Allah
    Très bien écrit
    Bonne continuation

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